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Cannabis et conduite : ce que disent réellement les études sur les risques, la sécurité routière et la loi en France

Cannabis et conduite : ce que disent réellement les études sur les risques, la sécurité routière et la loi en France

Cannabis et conduite : ce que disent réellement les études sur les risques, la sécurité routière et la loi en France

La question du cannabis et de la conduite fait l’objet d’un fort débat en France, autant sur le plan scientifique que légal. Entre perception de risque parfois minimisée, sévérité du cadre juridique et évolution de l’usage médical ou bien-être du cannabis, il est essentiel de s’appuyer sur les études disponibles et les textes officiels pour comprendre ce qui est réellement en jeu en matière de sécurité routière.

Le cadre légal français : tolérance zéro pour le THC au volant

En France, la loi est extrêmement stricte concernant l’usage de stupéfiants et la conduite. Le cannabis contenant du THC (tétrahydrocannabinol) est considéré comme un stupéfiant au sens du Code de la santé publique. Le principe est celui de la tolérance zéro : toute trace de THC dans l’organisme, même en l’absence de signe d’ivresse, constitue une infraction.

Les principaux textes applicables sont :

En pratique, cela signifie que :

Sanctions encourues pour conduite après usage de cannabis

Les peines prévues par la loi sont lourdes et peuvent être encore renforcées en cas de circonstances aggravantes.

Les sanctions de base, prévues à l’article L235-1 du Code de la route, sont :

En cas de cumul alcool + stupéfiants (L235-1 et L234-1 du Code de la route), les peines peuvent aller jusqu’à :

En cas d’accident ayant entraîné des blessures graves ou un décès, le fait d’avoir consommé du cannabis devient une circonstance aggravante au regard des articles 221-6-1 et 222-19-1 du Code pénal. Les peines peuvent alors atteindre :

Ce que disent les études : cannabis, performances de conduite et risque d’accident

Sur le plan scientifique, les effets du cannabis sur la conduite sont principalement liés au THC, la principale molécule psychoactive. Le CBD, fréquemment utilisé dans un cadre de bien-être, sans effet « planant » significatif, doit être distingué du THC, mais il peut interagir avec ce dernier ou avec d’autres médicaments.

Les études internationales et françaises montrent que le cannabis :

Selon le rapport collectif de l’INSERM « Cannabis : quels effets sur le comportement et la santé ? » (2014) et plusieurs méta-analyses internationales (p. ex. Asbridge et al., 2012, BMJ; Rogeberg & Elvik, 2016, Addiction), le risque principal est une augmentation du risque d’accident, estimée en moyenne :

Une étude française emblématique est celle de l’INSERM et de l’IFSTTAR (accidents mortels de la circulation, projet SAM, publiée notamment dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, BEH n°31-32, 2011) qui a montré que :

Ces données ont fortement inspiré le législateur français dans la mise en place d’une politique de dépistage systématique lors des accidents corporels graves, ainsi que dans le renforcement des sanctions.

Durée des effets du cannabis et temps de détection

Un des points les plus mal compris par le grand public concerne la différence entre :

En général :

Des rapports comme ceux de l’European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction (EMCDDA) soulignent que chez les consommateurs chroniques, le THC peut être détecté dans le sang plusieurs jours après la dernière prise. Or, la loi française ne s’intéresse pas au « niveau d’altération », mais à la seule présence de THC.

En pratique, cela veut dire qu’un usager occasionnel ayant fumé un joint le soir peut encore être positif au test salivaire le lendemain matin, même s’il ne ressent plus d’effet. Chez un usager régulier, ce délai peut être encore plus long.

Cannabis médical, CBD et conduite : un cadre encore flou

L’usage médical du cannabis, sous des formes standardisées (huiles, préparations orales, vaporisation contrôlée), fait l’objet d’une expérimentation en France depuis le décret n°2020-1230 du 7 octobre 2020, encadrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cette expérimentation porte sur des patients atteints de pathologies graves (douleurs neuropathiques, certaines formes d’épilepsie, soins de support en oncologie, etc.).

Plusieurs points importants pour la conduite :

Concernant le CBD (cannabidiol), l’arrêté du 30 décembre 2021 et l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (affaire C‑663/18, 2020) ont clarifié en partie la légalité de la commercialisation des produits à base de CBD ne contenant pas de THC ou seulement des traces (limite réglementaire de 0,3 % de THC dans la plante de chanvre au niveau européen).

Toutefois :

Pour les personnes suivant un traitement au cannabis médical, une discussion individualisée avec le médecin prescripteur est indispensable. D’un point de vue légal, la seule présence de THC reste répréhensible, même si celui-ci provient d’une prescription médicale.

Recommandations de sécurité pour les usagers

Au-delà du strict cadre légal, les données scientifiques permettent de dégager plusieurs recommandations prudentes pour limiter les risques routiers liés au cannabis :

Pour les personnes intéressées par le cannabis dans une démarche de santé (douleur chronique, anxiété, troubles du sommeil, etc.), il est utile de rappeler que :

La France a fait le choix d’un cadre juridique particulièrement sévère, fondé sur la présence de THC plutôt que sur un seuil d’altération. En parallèle, les études scientifiques montrent un risque réel, bien que modulé par la dose, la fréquence d’usage, l’âge, l’expérience de conduite et les associations avec d’autres substances. Dans ce contexte, s’informer précisément sur les effets du cannabis, sur la loi et sur les recommandations de prudence est essentiel pour concilier, autant que possible, santé, usage encadré et sécurité routière.

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